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OIHU-KA “crier, appeler”.
  Cf. gr. ὄϊζυ̑ς ὄιζω (oizus oizō) “crier /oἴ/” exprime “lamentation”, “souffrance”. « Οἰζυ̑ς est un terme expressif où la /υ/ elle-même doit concourir à l'expressivité. » Chtr. 780. Οἶκτος (oiktos) “lamentation” rapproché du verbe οἴκω « tiré de l'interjection /oἴ/ [...] Rapprochements i.-e. douteux chez POKORNY 298. » Chtr. 783. Οἴμη “chant, poème, récit poétique”. Dériverait de ομος (oîmos) “marche, chemin” (le terme appartiendrait au vocabulaire des aèdes)?? OSTHOFF tire le mot du v. norr. seidr “magie, charme”, skr. sāman “chant”, hitt. išhamāi “chanter”...
  Οἴμοι : exclamation de souffrance, de douleur, parfois de surprise : οἴμωζε (oimōze) “malheur à toi !”
Εὔχομαι (eukhomai) “prier à haute voix”, “se vanter”, “faire vœu”... Mycén. euketo = εὔχεται est employé par une prêtresse qui affirme ses droits sur une parcelle de terre. Comme substantifs on a εὖξος (eukhos) “gloire” (cf. κλέος et lat. clutus “réputé, fameux”, des th. II de la racine th. I /*kal/*KAR/ ð bsq. KAR-ANKA/GAL-AR-OTS/XAR-ANGA).
  Il s'agit toujours de cris. Ευγματα (eugmata) “vantardises, vœux”. Adjectif verbal εὐκτος (euktos) “souhaité, désiré”, etc.
  Avest. aojaite “annoncer solennellement, invoquer”, skr. ohate “se vanter, louer”, etc. Chtr. 389 : « avec le substantif óha de /*eughw-/ (en gr. /*ghw-/ ð /?/ après /χ/) [...] le prétérit εὖκτο pourrait correspondre à avest. gath aogədā, avest. récent aoxta. Autre structure radicale, th. II /*ə1w-eghw-/ dans le part. skr. vāghát- “qui fait un vœu” avec le présent causatif dans lat. uoueō de /*uoghwey-/ (MEILLET), » et lat. uagiō “vagir”.
  Le suffixe /-KA/ du bsq. a une valeur d'itération, d'élargissement sur substantifs pour constituer des verbes dénominatifs, pour faire des adverbes, pour former des dérivés de verbe : JAN “manger” ð JAN-KA-TU “mordiller, entamer, ronger” le plus souvent ; DIAN ð ÑAKATU “mordre”, cf. gr. δάκνω (daknō) “mordre” dont l'aoriste ἐδάκην (edakēn) et le parfait δεδηχα et δέδακα restituent bien la forme originelle de la racine et confirment la double réalisation de /-KA/ avec gutturale sourde /κ/ et sonore /χ/ en grec.
  P. CHANTRAINE, Formation, § 308 : « Le grec a hérité de l'indo-européen des suffixes à gutturale qui, sauf quelques exceptions, n'ont connu qu'une fortune assez médiocre. Un certain nombre de noms semblent affectés [nous soulignons], mais il s'agit de formations mortes improductives. » Il semble bien qu'on ne les ait guère identifiées clairement. Chtr. pourtant (§ 20) dit à propos de βληχή/βληχάομαι (blekhe/blekhaomai) “bêlement, bêler”, « le /χ/ peut être un suffixe. » En effet, cf. bsq. MEE-KA, MUU-KA et gr. μῡκάομαι (muukaomai) “mugir”. « Ces mots remontent finalement à l'onomatopée /*mu/, cf. μύζω, lat. mūgiō, etc. » Chtr. Diction. Étym., 719.
  L'auteur, dans Formation § 109, poursuit : « Le suffixe /k/ a pu servir à former des dérivés de verbes : l'accusatif ἰῶκα et ἰωκη (iōka, iōkē) “poursuite”, cf. corc. ϝιώκει (ϝiōkei) “il poursuit, il frappe” [bsq. JO/JOKA “frapper”] ; le dérivé a reçu une gutturale qui répond au suffixe de présent impliqué dans ϝιώκει [...] (§ 310) La finale /-ακ/ semble jouer le rôle d'un suffixe primaire ; [ces mots] ne s'expliquent souvent que par une étymologie indo-européenne. »
  Cf. gr. ἠχή (ēkhē) “bruit”, “cris”, “son d'instruments” ð ἠχήεις (ēkhēeis) “bruyant, sonore”. Dor. ᾱ́κά : le /ᾱ/ (long) peut recouvrir une diphtongue /οι/ “écho”, Chtr. 418, personnification. Cf. les mots “ressemblants” (Chtr. 418) : lat. vāgīre “vagir, chevrauter, résonner” ; lit. svagiū “résonner”, angl.-sax. swōgan “résonner, retentir”.
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